Comment les sciences humaines créent-elles une valeur ajoutée économique?

Les praticiens et praticiennes des sciences humaines travaillent souvent dans les secteurs de la culture et de la création. Ces secteurs comprennent la musique, le cinéma, le design, l’artisanat, l’industrie des logiciels et des jeux vidéo, le marché du livre, de l’art, de la radio, de l’architecture, de la publicité et de la presse, ainsi que les marchés de l’art vivant et de la technique phonographique. Ce secteur hétérogène se distingue depuis quelques années par une forte dynamique de croissance. Il fait partie des branches de l’économie mondiale qui connaissent les croissances les plus importantes (Creative Economy Report 2013, UNESCO 2013, p.1 / Die Kultur- und Kreativwirtschaft in der gesamtwirtschaftlichen Wertschöpfungskette, Fraunhofer 2012, p.1).

Was Philosophie, Kunst und Werbung verbindet

En 2011, 10% des entreprises et 5% des personnes actives travaillent dans l’industrie de la culture. Elles ont généré une part de 3,5% de la valeur ajoutée brute de l’économie suisse. Dans les centres urbains comme Zurich, la part des personnes actives dans l’industrie de la culture est doublée, tout comme leur part de la valeur ajoutée brute. Le volume d’occupation correspond à celui du secteur du tourisme et se situe juste derrière celui de l’industrie de la finance (5,9%). Weckerle und Page, Creative Economies

Le volume d’occupation correspond à celui du secteur du tourisme et se situe juste derrière celui de l’industrie de la finance (5,9%)

  

L’industrie de la culture et innovation

D’un point de vue économique global, la capacité avérée d’innovation du secteur de la culture et de la création revêt une importance capitale: créer de la nouveauté, remodeler l’ancien, briser les tabous et présenter le familier dans un contexte nouveau, telle est la raison d’être des créateurs. Le secteur de la culture et de la création est identifié comme catalyseur de nombreux autres secteurs économiques. L’industrie de la culture et de la création est considérée comme pionnière de nouvelles formes et processus de l’innovation. Des besoins encore inconnus sont découverts et de nouveaux besoins sont générés. Ces aspects accentuent la compétitivité d’autres branches (Fraunhofer 2012, p. 3), notamment pour les innovations dans le service et celles axées sur le client. Une mutation des valeurs entraînant la création d’une économie plus respectueuse des ressources et basée sur le concept de partage et d’expérience pourrait s’ensuivre.

Les innovations sociales permettent d’ouvrir de nouvelles voies et d’atteindre des objectifs, par exemple des formes d’organisation, de nouvelles réglementations, de nouveaux styles de vie, qui redirigent les changements sociaux, apportent de meilleures solutions aux problèmes, et sont ensuite imitées et institutionnalisées. (Zapf, Über soziale Innovationen. Soziale Welt, 40, (1) 1989, S. 170-183)

Au-delà de la génération directe de valeur, le secteur de la culture et de la création génère une valeur ajoutée indirecte considérable pour tous les domaines de l’économie: les marchés de la culture sont les piliers de l’offre de tourisme et de loisirs, notamment dans les villes. Les institutions culturelles sont utilisées pour le marketing local et pour la valorisation d’autres produits. Les offres culturelles comptent parmi les principaux facteurs dans la concurrence autour de l’attractivité d’un site. 

«Jedes ungelöste gesellschaftliche Problem ist eine unentdeckte Marktchance»

P. Drucker

Les sciences humaines en économie, politique et administration

Au-delà de des champs d’application usuels, les compétences transmises par les sciences humaines dans une économie hautement développée sont de plus en plus demandées. En raison de leur savoir spécifique et de leurs compétences méthodiques, les praticiens et praticiennes des sciences humaines apportent une utilité directe et concrète dans presque tous les domaines de l’économie, de l’administration et de la politique, notamment là où

  • des informations sont traitées et interprétées;
  • des tendances et des risques sociaux ou culturels doivent être identifiés et saisis;
  • un savoir concret sur des groupes sociaux et des cultures est requis;
  • des connaissances en langues étrangères sont indispensables;
  • des faits sont transmis par la langue, des arguments convaincants doivent être livrés et des messages encourageant à l’action sont formulés;
  • des personnes sont formées, dirigées, motivées, conduites, coachées, conseillées et convaincues;
  • des personnes ou des groupes d’ayants droit (actionnaires) sont inclus dans les processus de décision, d’élaboration et de conception.